M.Y



Dispositifs,
Appareils,
Images
et Mots.

CV | Resume

Curatrice et chercheuse en philosophie (Paris 8).

Née en 1990
à Cotonou, Bénin.

Fondatrice du collectif Black(s) to the Future.

Vit et travaille
à Paris, France.

Dotée d’un avatar, M.Y. qui édite, performe & compose des images digitales.



 ︎ / ︎
Curation
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MEDIUM(S) / 2018-2019

Partant de la formule d'Arthur C. Clarke ––– "Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie" ––– MEDIUM(S) est un dispositif curatorial (module pédagogique, exposition, édition augmentée) visant à brouiller les pistes de ce qui s'opposerait au "réel", du virtuel au surnaturel. Nourri d’afrofuturisme, il questionne en outre l’acte curatorial en tant que manipulation et le statut de l’écran comme objet d’art. 

Exposition du 7 février au 28 mars 2019.

Avec, sur 4 accrochages distincts : Kwesi Abbensetts, Ali-Eddine Abdelkhalek et Emile Barret, Ndoho Ange, Ingrid Baars, Raphaël Barontini, Marie-Mam Sai Bellier et Clément Lemaire, Vincent Chevillon, Jim Chuchu, Romain Cieutat, Tifaine Coignoux, Maya Deren et Alexander Hammid, Jonathan Dotse, Kodwo Eshun, Odendaal Esterhuyse, Louis Henderson, Alexandre Ikihide, Selly Raby Kane, Kyo Kim, Kendario La’Pierre, Emo de Medeiros, Wendy Morgan, M.Y, Clara Noseda, Nkiruka Oparah, Uriel Orlow, Nicolas Pirus, Sun Ra, Tabita Rezaire, Mirella Riccardi, SHRBR RPXR, El Popo Sangre, Momoko Seto, Justine Villermet, Elise Voët, Elete Wright, Ezra Wube
+ des performances et contributions éditoriales de : Amandine Nana, An Duplan, Aurélia Nardini et Chrys Aslanian, Crystallmess, Fallon Mayanja, Josèfa Ntjam, Nicolas Pirus, Nina Queissner, M.Y, Seumboy Vrainom.

>>> Lauréate de l’appel à projet curatorial et résidence (6 mois) de / à LA BOX _ENSA Bourges 2018-2019.

>>> Réalisé avec l’assistance de Nicolas Pirus ; les étudiant.e.s de l’ENSA ayant contribué à MEDIUM(S) sont : Anthony Bijou, Charlotte Chicot, Mateo Calderon, Tifaine Coignoux, Iona Colombani, Maeline Li, Kyo Kim, Margot Marechal, Laetitia Musaniwabo, Clara Noseda, Laetitia-Adriana Colonna de Leca, Justine Villermet, Elise Voët.


>>> MEDIUM(S) fut aussi l’occasion d’une résidence parallèle via la plateforme archipels.org de l’artiste Vincent Chevillon.









EAU PALIMPSESTE / 2018


Organisé autour de la double exposition de l’artiste Julien Creuzet ––— « Toute la distance de la mer, pour que les filaments à huile des mancenilliers nous arrêtent les battements de cœur. - La pluie a rendu cela possible (…) La pluie a rendu cela possible depuis le morne en colère, la montagne est restée silencieuse. Des impacts de la guerre, des gouttes missile. Après tout cela, peut-être que le volcan protestera à son tour. – Toute la distance de la mer (…) » ––— et sur son invitation, EAU PALIMPSESTE est un cycle curatorial prenant source à ces histoires d’eau entre nous

Cinq occasions d’inviter artistes et cherche.ur/se.s à insuffler, en / pour une soirée, un espace collectif où l’on s’essaierait autrement à la bienveillance. A l’instar d’une Zone Autonome Temporaire négociée, en ce qu’elle supporte de s’associer, un temps, à l’Institution : la curation devient prétexte à d’inenvisagés entre-soi où public, artistes et oeuvres incantent au gré, de nouvelles narrations.


>>> Curatrice invitée à la Fondation Ricard pour l’art contemporain (22 janvier - 19 février 2018) et au centre d’art et de recherche Bétonsalon (24 janvier - 14 avril 2018).


Avec : Fallon Mayanja (23.01.18 | I.e. « Emules-appâts ») ; Pascale Monnin et Celia Sadai + Bocar Niang (08.02.18 | Lanmè a gwonde : à nos fantômes résistant-e-s. // SANG) ; Feda Wardak et Emanuele Coccia + Inès Di Folco (01.03.18 | Acrimonia lacrimalis : l’èbe des eaux amères. // SALIVE) ; Nana Adusei-Poku et Daniela Yohannes + Josèfa Ntjam (20.03.18 | Jusqu’au lait du rire : cu(rat)ing dark streams. // LIQUEURS) ; M.Y et Tabita Rezaire + Olga Mouak (14.04.18 | H2O 3.0 : floating and flooding across fluidity. // SUEUR).






Recherche
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Afrofuturismes : une philosophie de l’étrange(r) / depuis 2019


Doctorat (PhD) | Sous la direction de Guillaume Sibertin-Blanc et Nadia Yala Kisukidi, Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, Laboratoire d'études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie (LLCP), et avec le soutien de l’École Universitaire de Recherche Arts, Technologies, numérique, médiations humaines et Créations (EUR ArTeC). / Non-financé.


Le terme afrofuturisme apparaît dans les années 90, pour nommer un ensemble de postures, discours, formes et dispositifs –– artistiques et conceptuels –– portés par des personnes noires dans le contexte d’une techno-culture en plein essor. Défiant une histoire passée et contemporaine qui les méprise et les contraint, elles développeront une poïéthique disruptive, générant de nouveaux imaginaires, récits et pratiques d’inclusion et compréhension du monde.

Associant une esthétique syncrétique originale à une forte prospective éthique : l’un des premiers enjeux de cette thèse sera de déterminer en quoi l’afrofuturisme peut être considéré comme une méthodologie de subversion des normes. Nous nous intéresserons ensuite à l’axiome afrofuturiste –– postulant d’une “altérité primordiale” attachée à l’Être noir –– tel qu’il permet le retournement de la notion d’aliénation d’un sens historique de marginalisation / oppression, à un autre, dynamique, d’émancipation / exemplarité.

De là, un autre aspect fondamental de cette recherche consistera en l’analyse de la critique afrofuturiste des notions d’humanisme et de progrès (toutes deux, selon lui, mises en échec par cette même Histoire de la prédation et de “l’usage”), pour la vision, mais surtout l’expérimentation, de modes alternatifs d’être, d’accueillir et cultiver (plutôt que cueillir) le monde.

Enfin, il sera crucial d’établir comment une telle visée réussit néanmoins à dépasser l’écueil d’une adresse au bénéfice exclusif de sa “caste”, pour opérer plutôt un changement de perspective radical et associer l’ensemble d’une communauté à venir : hybride et cosmopolite.
 




Black(s) to the Future / depuis 2015


Collectif | Avec Fallon Mayanja, Joséfa Ntjam et Nicolas Pirus. www.blackstothefuture.com


Lancé comme plateforme transmedia nourrie d’afrofuturisme, B(S)TTF est devenu un collectif de recherche expérimentale et artistique, pour une vision alternative, durable et décomplexée du monde et ses dimensions afro-connexes. À la fois médium et média : son site, son antenne radio sur R22 Tout-Monde ou encore son festival et autres collaborations deviennent des espaces d’exploration créative alliant expérimentation, singularité(s) et prospective. Nourri d’afrofuturisme, comme esthétique, philosophie et outil de métamorphose, voire de réenchantement possible du monde : B(S)TTF évolue au gré des rencontres, des opportunités, des interférences. Aussi, laissant grande place à l’intuition, les formats, dispositifs et situations que nous imaginons, produisons et proposons sont-ils avant tout manifestes des liens qui nous tissent en une constellation d’affects.

>>> Mise en place de deux éditions du « B(S)TTF-Festival » (2-3 juill. 2016 / 16-17 sept. 2017) au Petit Bain : une manifestation pluridisciplinaire associant conférences-débats, ateliers créatifs, exposition, performances artistiques, chorégraphiques ou de théâtre, musique, fooding, mode, soirée clubbing... sur invitation/production directe d’artistes, penseurs, collectifs et marques (17 puis 43) et de structures alliées comme : Khiasma, Africultures, Belleville-en-vue, La Colonie, Le Comptoir Général, etc. Soutenue par la Mairie de Paris, la première édition s’envisageait comme une initiation à l’afrofuturisme par la mise en dialogue renouvelée d’artistes d’avant-garde d’Afrique et d’Europe. La seconde, entièrement auto-financée, entendait elle poser les bases possibles d’une communauté temporaire, alternative, trans-culturelle, hybride et vivante.

>>> Collaborations et marques d’intérêt : Queer Week (2018), Université de Strasbourg, en partenariat avec le F.R.A.C. Lorraine et l’Artothèque de Strasbourg (2017-2018), MAC/VAL, Espace Khiasma (2017), Musée du Quai Branly - Jacques Chirac (2016) ; TV5Monde (journal télévisé le “64Minutes”, du 10 dec. 2017) et France Culture (émission “Les Nouvelles Vagues”, du 16 dec. 2015), ARTE (reportage “Tracks”, du 12 jan. 2017) ; Fondation Lafayettes-Anticipation et l’Institut Français (présentations du projet 2017) ; réseau #BLACKLIVESMATTER (‘Black Future Month’ 2017).






Situations
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Comptines et Terrains Vagues / en cours


Echappée de nos r/h.umeurs collectives et labour d’espaces arables, pour l’expérimentation d’une nouvelle cosmopoétique : une série de hacks de ces dits espaces-publics comme lieux-communs, auquels nous préférons/substituons Comptines et Terrains-vagues.

• Des compositions graphiques comme d’osés paysages à habiter. | Une idée développée avec Josèfa Ntjam.
Des récits intimes ou personnels confiés à des altérités plurielles. | Béta-testé avec Thomas Bontemps et Kyo Kim dans le cadre des lundi soir de Synesthésie ¬ MMAINTENANT (04.03.19).
Des dispositifs sonores en guise de griots-clameurs et ménestrels.



Muances / depuis 2015


Cette série propose de réunir de manière intuitive ou spontanée, deux personnes –– créatifs, penseurs, curateurs, activistes... –– autour d’une citation / référence / ensemble ou thématique, via Skype. Ces discussions ont lieu au moins deux fois sur une année, chaque rendez-vous durant en moyenne entre 2 et 3 heures ; j’y officie comme un narrateur omniscient mais silencieux, enregistrant en temps réel mon écran partagé entre les deux interlocuteurs. De ces rencontres et conversations, l’idée est alors de réunir, en une cinématographie-fleuve, un tissus de paroles et postures, pour témoignages dématérialisés mais incarnés, d’airs du temps passés / présents / futurs.

Personas : Yves Murangwa + Ytasha Womack (2015 - 2016) ; Emo de Medeiros + Nadia Yala Kisukidi (2016 - 2017) ; to be continued...