Dispositifs curatoriaux
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« MEDIUM(S) » / 2018 - 2019

Partant de la formule d'Arthur C. Clarke - "Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic" - MEDIUM(S) est un manifeste et dispositif curatorial nourri d’afrofuturisme et visant à brouiller les pistes de ce qui s'opposerait au "réel", du virtuel au surnaturel. 1) Le choix des artistes (pensé en collaboration avec Stef Yamb) réunit des pratiques et travaux au croisement d'influences mystiques et syncrétiques, multiples, et d'une forte appétence pour les (nouvelles) technologies. 2) L’association d’un ensemble de photographies, vidéos, gifs et (multi-)médias en majorité exposés sous format digital(isé)es, à travers des écrans et/ou sous forme de vidéo-projection ouvre un nouveau type de circulation de l’art et de la présence des artistes via leurs avatars. 3) La curation y est une formule, réplicable, une partition algorithmée, dont tou.te.s ou partie - artistes et oeuvres, oeuvres et artistes - incantent au gré, de nouvelles narrations.

>>> Lauréate de l’appel à projet curatorial de LA BOX (/ ENSA Bourges) 2018-2019.

>>> Activations (V.0) : 2-3 juillet 2016 @ Petit Bain // 8 nov. - 8 dec. 2017 @ Hasard Ludique.



EAU PALIMPSESTE / 2018

Série de rencontres, lectures et performances organisées autour de la double exposition de l’artiste Julien Creuzet « Toute la distance de la mer pour que les filaments à huile des mancenilliers nous arrêtent les battements de coeur. - La pluie a rendu cela possible (...) » | « La pluie a rendu cela possible, depuis le morne en colère. La montagne est restée silencieuse. Des impacts de la guerre. Des gouttes missile. Après tout cela, peut-être que le volcan protestera à son tour. - Toute la distance de la mer (...) ».

Avec Pascale Monnin et Celia Sadai + Bocar Niang (08.02.18 | Lanmè a gwonde : à nos fantômes résistant-e-s. // SANG), le collectif Aman Iman et Emanuele Coccia + Inès Di Folco (01.03.18 | Acrimonia lacrimalis : l’èbe des eaux amères. // SALIVE), Nana Adusei-Poku et Daniela Yohannes + Josèfa Ntjam (20.03.18 | Jusqu’au lait du rire : cu(rat)ing dark streams. // LIQUEURS), M.Y et Tabita Rezaire + Olga Mouak (14.04.18 | H2O 3.0 : floating and flooding across fluidity. // SUEUR).

>>> Curatrice invitée à la Fondation Ricard pour l’art contemporain (22 janv. - 19 fev. 2018) et au centre d’art et de recherche Bétonsalon (24 janv. - 14 avril 2018).



« THE BRIGHT WEB » / A VENIR

Conçue comme une constellation active, mouvante, s’étoilant sans cesse de bande en troupe, de horde en famille, de clan en équipage, de cercle en coven, puis, de personne en personne ; cette carte intéractive, volutive, se veut l’illustration d’une world wide web mouvante, réelle et inclusive. Dans un monde où les changements sont toujours plus rapides et radicaux, il ne s’agit plus seulement d’initier nouveaux usages et tendances, mais de rendre manifestes l’ensemble de ces méthodes et dynamiques de long-terme qui naissent de connivences et d’alliances, de projets communs, d’espaces partagés et de temps collectifs. C’est donc ce que vise cette plateforme transmédia : signaler et faire valoir une active et joyeuse “constellation d’affects”, un “rhizome à l’oeuvre” pour un meilleur travailler, jouir et vivre-ensemble.

>>> Data curation.






Installations / Performances
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MÉTA / 2018

« Méta » est une proposition mettant en situation un corps et trois personas : Mawena Yehouessi, M.Y et l’entité-rhizome. A la recherche, chacun.e, d’une définition de soi - comme être (un corps), appareil (une image) ou réalité utopique (un point de vue) - s’y découvre une partition commune, une parole en partage à même alors de rendre compte de l’altérité constitutive de nous tou.te.s. Ce à quoi s’ajoute alors, à l’instar des traditions orales à l’hermétisme goguenard, la tentative et tentation d’une forme de narration où l’enseignement fait place à la transmission, le sonore au sonique, le talk au dialogue.

>>> Performance sonore et vidéo.

>>> Djeredjef à Obree Daman, Jean-Baptiste Joire, Fallon Mayanja.




SOL IN THE DARK / EN COURS

(Extrait) : « Packer shoes Fila et sweat-shirt Ellesse. Vous vous souvenez ? Sergio Tacchini, veste par-dessus Champion. Vous vous souvenez ? Rien qu’une petite frappe sans son carrosse. Vous vous souvenez ? Mais un carrosse comme un spaceship, un sur-vêtement comme une super-armure, et le maniement sacré : myth.e/o.logique. [...] Lascar vit l’Utopie / la Dystopie / l’Inharmonie ; Lascar est à la fois Réel, Virtuel et Surnaturel ; Lascar est Black ou parfois Blanc et souvent Beur ; Lascar est entre-soi, à l’entre-deux : éclectique, impossible et dense. Lascar s’est échoué, sans échouer. Là, sur les coteaux d’Alep et de Cabourg, mon Amour. Là, sur les côtes d’eau de Calais et de Cadix. Il a, d’un sens bruyamment péjoratif, recouvert le sens originel : “1. Au commencement était le Verbe [...]. 14. Et le Verbe s’est fait chair [...].” »

>>> Installation vidéo.



AUSPICE, A VIF / A VENIR

Superposant le dispositif scénique du colloque ou de la table-ronde –– là où la parole se prend et se donne, au fantasme d’un cérémonial d’accueil et de partage compagnon –– là où le silence parfois s’entend, la soif s’étanche, et les mouches ronronnent ; cette lecture-performance cherche à saisir les liens tacites de l’hospitalité à l’autorité. Orateur/auditoire, artiste/curateur, maître/esclave… ce n’est donc pas le récit d’une dialectique qu’il m’intéresse de restituer, mais de rendre compte du cadre même de l’énonciation (sa structure spatiale, la disposition des corps, la dissémination des voix, ses normes rituelles…) qui induit toujours un rapport de force à priori, que faute de désamorcer il s’agirait, ici, d'apprendre à renverser. Car qui - du rebours d’un hôte en un autre : convives, résidant.e.s, palabreurs et condisciples -, détient, au fond, le pouvoir, de transmettre et manipuler l’Histoire ?

>>> Lecture-performance.






Pièces / Projets / Vidéos / Situations
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« Rehearsing Afrofuturism (AT) » / 2018 - 2019

Créé dans le cadre d‘un projet de recherche, cette capsule performative (entre théâtre, danses, vidéos et son) tente la mise à l’épreuve d’un modèle / d’une méthode de création artistique afrofuturiste. Les formes de représentation contemporaines du discours postcolonial y sont éclairées, négociées et déplacées à la lumière de stratégies d‘appropriation alternatives, à la fois théoriques et pratiques. La répétition et la performativité étant des facteurs constitutifs aussi bien de la distorsion théâtrale que postcoloniale, le projet explore les notions d’exposition (enactment), de reconstitution (re-enactment) et de pré-représentation (pre-enactment). Une multiplicité de récits spéculatifs - quand bien même tirés de l’Histoire - y sont alors et sans nulle cesse (r)épprouvés, manipulés et testés à chacune des (re-)présentations de cette oeuvre-matériau collecti.f/ve. A l’eurocentrisme se substituent alors de nouveaux paradigmes, où le monde n’est non seulement devenu noir, mais à la fois utopique, critique et chaotique. | Dialogue

>>> Orchestration : Patrick Gusset ; avec : Popaul AmisiDiana AmmannChristiane Dankbar, Johanna HeusserLukas HuberRahel JankowskiDelia Keller, Jolie Ngemi, Dieudonné Niangouna, Laura Stoffel, Joël TendaMarco VoltaPhilip Whitfield et Black(s) to the Future (aka Fallon Mayanja, Josèfa Ntjam, Nicolas Pirus & M.Y).



« N.S.N.A.M.D.L.M » / A VENIR

NSNAMDLM (Nous sommes né.e.s au milieu de la mer) est un tableau performatif mettant en corps des situations plutôt que l’inverse. NSNAMDLM est une « installation-pièce » où s'amalgament danse, discours, icônes et sons. On y parle de races, des gestes du rite et de hiatus. Entre autres choses. Un sous-titre pourrait alors en être : Bae’s Gotta Have It. Un autre : « le nègre le plus fatigué par le travail trouve toujours des forces pour danser »*.

Conçue pour 4 danseu.r/se.s, un.e musicien.ne et un.e plasticien.ne ; on y fait l’expérience du processus permanent de (ré)génération des figures, fantasmes, postures et fétiches exotiques de nos corps-images-avatars étrange(r)s. Aussi NSNAMDLM n’a rien de spectaculaire mais pose la question de savoir quand et comment — sans pourquoi — l’on naît à devenir de ces « chaloupés nonchalants », « coupés-décalés », « démarches panthères », « ressorts hyperlaxes » et autres « rythmes-épidermes ». Sur scène, ce sont toujours deux corps qui se confrontent et dialoguent, séparés mais ensemble, « connectés », par une oeuvre-voile-artefact, comme figure d’un océan désormais vertical, scindant le plateau et les catégories d’hommes en deux. Dans l’hors-champ rendu visible, le beatmaking et la graphie, modulent eux la matière d’une pulsation en partage, intime et précaire : rythmes binauraux et mélodies r’n’b s’associent en une de ces transes convulsives et médiumniques qui nous ani- ment « jusqu'à l'aube baby » ; tandis qu’en fond d’estrade, sur l’unique écran, se succèdent les clichés subliminaux des corps mus, dansant, priant et marchant, de l’antre de leurs foyers, églises et jungles urbaines, aux fastes des clubs écumés. Les paroles évoquées empruntent enfin au corpus Post-moderne français, aux Critical Race Theories, à la Négritude et l’Afrofuturisme. | Soin collectif 

* : Médéric Louis-Élie Moreau de Saint-Méry, Danse, 1796.



« MUANCES » / DEPUIS 2015

Cette série propose de réunir de manière intuitive ou spontanée, deux personnes –– créatifs, penseurs, curateurs, activistes... –– autour d’une citation / référence / ensemble ou thématique, via Skype. Initialement conçus sur un temps long ; ces discussions ont lieu au moins deux fois sur une année, chaque rendez-vous durant en moyenne entre 2 et 3 heures ; j’y officie comme un narrateur omniscient mais silencieux, enregistrant en temps réel mon écran partagé entre les deux interlocuteurs. De ces rencontres et conversations, l’idée est alors de réunir, en une cinématographie-fleuve, un tissus de paroles et postures, pour témoignages dématérialisés mais incarnés, d’airs du temps passés / présents / futurs. | Archéo/Futuro-logie contemporaine

Personas : Yves Murangwa + Ytasha Womack (2015 - 2016) ; Emo de Medeiros + Nadia Yala Kisukidi (2016 - 2017) ; Feda Wardak + Emanuele Cocciato be continued...



« LE DIABOLE O.H.G.A » / EN COURS

Le Diabole est une architecture d’édition multimédia communautaire faisant rupture des capacités actuelles. Il intégre le traitement automatique de la parole et permet d’intervenir, non seulement par écrit mais aussi oralement, à partir d’un corpus texte de référence, sur différents types de contenus / supports / formats y afférant. De façon intuitive et collective, chacun.e est invité.e à augmenter un corpus source selon ses connaissances, besoins et centres d’intérêt. Le choix de l’Histoire Générale de l’Afrique (projet UNESCO) comme application pilote se veut alors symbolique de l’usage du dispositif pour aider à restaurer/sauvegarder des structures vitales de notre humanité. Pour autant, ce principe d’édition / oralisation peut s’appliquer à tout ensemble d’écrits existant, permettant à l’Intelligence Artificielle (Watson) de développer son propre apprentissage linguistique de façon à s’étendre à toutes langues. | Génie logiciel

>>> P.O.C. © Patrick & Mawena Yehouessi (en cours)