« Afrofuturisme et trans-mondanité. »

Historiquement, le fait noir pose limite à l’humain. S’engageant dans un processus d’auto-détermination, les afrofuturistes se sont alors naturellement réclamés d’une identité ‘trans’ –– en-deçà et au-delà, autre que l’homme, l’annonçant et le condamnant, le transfigurant. Aujourd’hui, on parle d’anthropocène et de durabilité écologique, de trans-humanisme et l’on constate des menaces renouvelées sur un vivre-ensemble pacifié. L’urgence semble dès lors imposer de repenser les fondements normatifs utilisés jusqu’alors pour décrire le monde. Aussi ce projet de recherche s’intéresse à l’afrofuturisme comme paradigme possible d’une nouvelle “phénoménologie de l’altérité”, c’est-à-dire un rapport de traversée au monde, dans ce qu’il comprend d’Autre à soi. Car dépassant la seule question raciale, réductrice, cette mise au défi contemporaine des normes doit être vue comme universelle : anthropologique, culturelle, métaphysique et discursive. | Projet de thèse

En cours, sous la direction de Nadia Yala Kisukidi et Guillaume Sibertin-Blanc ; visant direction de Programme au Collège International de Philosophie


« LE DIABOLE / O.H.G.A »

Le Diabole est une architecture d’édition multimédia communautaire faisant rupture des capacités actuelles. Il intégre le traitement automatique de la parole et permet d’intervenir, non seulement par écrit mais aussi oralement, à partir d’un corpus texte de référence, sur différents types de contenus / supports / formats y afférant. De façon intuitive et collective, chacun.e est invité.e à augmenter un corpus source selon ses connaissances, besoins et centres d’intérêt. Le choix de l’Histoire Générale de l’Afrique (projet UNESCO) comme application pilote se veut alors symbolique de l’usage du dispositif pour aider à restaurer/sauvegarder des structures vitales de notre humanité. Pour autant, ce principe d’édition / oralisation peut s’appliquer à tout ensemble d’écrits existant, permettant à l’Intelligence Artificielle (Watson) de développer son propre apprentissage linguistique de façon à s’étendre à toutes langues. | Génie logiciel

P.O.C. © Patrick & Mawena Yehouessi


« THE BRIGHT WEB »

Conçue comme une constellation active, mouvante s’étoilant sans cesse de bande en troupe, de horde en famille, de clan en équipage, de cercle en coven, puis, de personne en personne ; cette carte intéractive, volutive, se veut l’illustration d’une world wide web mouvante, réelle et inclusive. Dans un monde où les changements sont toujours plus rapides et radicaux, il ne s’agit plus seulement d’initier nouveaux usages et tendances, mais de rendre manifestes l’ensemble de ces méthodes et dynamiques de long-terme qui naissent de connivences et d’alliances, de projets communs, d’espaces partagés et de temps collectifs. C’est donc ce que vise cette plateforme transmédia : signaler et faire valoir une active et joyeuse “constellation d’affects”, un “rhizome à l’oeuvre” pour un meilleur travailler, jouir et vivre-ensemble. | Data curation

(projet de long court / écriture in progress)


« L’IM-P.E/A.NSÉ »

A la fois temple et forain, ce parcours progressif sera un safe space constitué de salles –– ou « sas » –– chacune p.e/a.nsée par un.e practicien.ne en une tentative de guider toute personne y pénétrant vers une autre conception d’elle-même et du monde « oxydentale » qui se pose comme étant, à priori, le nôtre. Une maxime pourrait alors en être : Ici solitaires aguéris, prêts à guérir nous nous découvrons solidaires. En amont, s’y associent une série de rendez-vous artistiques et performatifs, dans l’espace public ou au sein d’établissements alliés. Sorte de prêche cosmétique avant la grande messe, ils ont pour but de mieux identifier, par zone géographique et par communauté, comment être quitte de ces plaies sympto-systém(at)iques sans culpabilité ni fautes. | Soin collectif

Conçu au titre du collectif Black(s) to the Future, ce « healing center » se cherche et se joue de façon mobile et temporaire : rondes de lecture publiques et repas extimes ; cycles de performances –– ex. les soirées “Hypervirtuoses” ; happenings –– ex. ”L’Opération SOIT” ; hackathons –– ex. les ateliers ”Génération(s)”...



« MUANCES »

Cette série propose de réunir de manière intuitive ou spontanée, deux personnes –– créatifs, penseurs, curateurs, activistes... –– autour d’une citation / référence / ensemble ou thématique, via Skype. Initialement conçus sur un temps long ; ces discussions ont lieu au moins deux fois sur une année, chaque rendez-vous durant en moyenne entre 2 et 3 heures ; j’y officie comme un narrateur omniscient mais silencieux, enregistrant en temps réel mon écran partagé entre les deux interlocuteurs. De ces rencontres et conversations, l’idée est alors de réunir, en une cinématographie-fleuve, un tissus de paroles et postures, pour témoignages dématérialisés mais incarnés, d’airs du temps passés / présents / futurs. | Archéo/Futuro-logie contemporaine

Personas : Yves Murangwa + Ytasha Womack (2015 - 2016) ; Emo de Medeiros + Nadia Yala Kisukidi (2016 - 2017) ; to be continued...



« MEDIUM(S) »

Partant de la formule d'Arthur C. Clarke - "Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic" - MEDIUM(S) est un manifeste et dispositif curatorial nourri d’afrofuturisme et visant à brouiller les pistes de ce qui s'opposerait au "réel", du virtuel au surnaturel. 1) Le choix des artistes (pensé en collaboration avec Stef Yamb) réunit des pratiques et travaux au croisement d'influences mystiques et syncrétiques, multiples, et d'une forte appétence pour les (nouvelles) technologies. 2) L’association d’un ensemble de photographies, vidéos, gifs et (multi-)médias en majorité exposés sous format digital(isé)es, à travers des écrans et/ou sous forme de vidéo-projection ouvre un nouveau type de circulation de l’art et de la présence des artistes via leurs avatars. 3) La curation y est une formule, réplicable, une partition algorithmée, dont tou.te.s ou partie - artistes et oeuvres, oeuvres et artistes - incantent au gré, de nouvelles narrations. | Dispositif curatorial

Activations : 2-3 juillet 2016 @ Petit Bain // 8 nov. - 8 dec. 2017 @ Hasard Ludique



« XWLA »

Le projet de centre d’art et d’expérimentation de Xwla au Bénin, s’inspire du modèle des « friches culturelles ». En vue de redessiner la carte culturelle et citoyenne d’un territoire urbain en mutation, l’idée est d’impulser en Afrique de l’Ouest : • un nouveau « sens urbain » c’est-à-dire une médiation pratique par acculturation plutôt que par confrontation et le développement de nouveaux usages solidaires • une géographie culturelle nouvelle en lien direct avec son héritage régional, patrimonial, écologique, artistique et historique • un renouveau économique par l’association de différents pôles (commerces, restauration, espaces de travail partagés... dégageant des fonds au profit d’activités « pauvres » comme la résidences d’artistes par exemple) • une (ré-)création généralisée, d’une certaine idée de l’art relationnel à une pluridisciplanirité élargie : beaux-arts, design, fooding, musique, danse... | Equipement culturel

(projet de long court / écriture in progress)